Les pauvres ne nous touchent pas assez

Cette interrogation du Pape Léon XIV consonne avec le cri du cœur lancé par Sophie.

Avec Sophie

L’éducation des plus vulnérables occupe une place centrale pour Sophie. Lorsqu’elle arrive à Rome, elle recherche rapidement une seconde implantation destinée aux pauvres. À celles qu’elle y installe elle dit : « Mille fois heureuses êtes-vous d’avoir été choisies pour évangéliser les pauvres ! Rien de plus pauvre que le Trastevere, rien de plus dédaigné que les enfants de ce peuple, de cette vile populace, comme on ose l’appeler. Loin de nous de penser ainsi. (Diario delle Trinita dei Monti, 5 mai 1833)

Elle manifeste le souci de rencontrer les personnes en détresse, de les appeler par leur nom, de prendre soin de certaines d’entre elles concrètement. Elle suggère qu’on donne du tabac à un homme qui le demande et non du pain seulement. Elle organise une forme de rente à vie pour une femme profondément perturbée et vivant dans la précarité. À une sœur qui veut l’empêcher de donner ses chemises neuves, elle rétorque : Que dites-vous là, trop bonnes pour les pauvres ! Mais je leur donnerais ma peau… Tant de gestes connus ou demeurés secrets révèlent qu’elle a été « amie » des pauvres, nouant dans la durée, des relations cordiales, marquées par la délicatesse.

« Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays ». (Is. 11:4)

Aujourd’Hui, en Église

« Tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui !Il s’agit alors de voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir, dans le migrant et dans le réfugié, non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile ». L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils ; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté ».(Dilexi Te, 75)

Contempler et Partager

Dans un temps de prière personnelle, nous laisser habiter par des personnes qui nous ont révélé le visage de Jésus pauvre :

  • Prononcer leur nom
  • Nous remémorer des paroles échangées
  • Regarder le chemin parcouru ensemble

Partager avec d’autres ce que cette contemplation produit en nous et à quoi elle nous appelle avec force aujourd’hui.

Chant : À ce monde que tu fais – Berthier

L’AVENT AVEC
MADELEINE-SOPHIE & JPIC

Marie-Paule Préat
RSCJ